DE NADÈGE AMETOGBE

Le bruit des casseroles n’est plus une assignation à domicile. Devenu battement de tambours, il vient couronner le changement qui a eu lieu : sans heurts, sans morts et quasiment sans bruit, les femmes ont pris le pouvoir. Un pouvoir qu’elles n’exercent pas sur les autres dans une tentative de domination mais bel et bien sur elles-mêmes dans un désir d’affranchissement. C’est de ce désir là qu’est fait « Deux en un ».

Dernier volet d’un triptyque dédié aux femmes, qui comprend le solo « Portefaix » et le duo « Alou », « Deux en un » met en scène trois danseuses, trois femmes dont la volonté de puissance s’exerce d’abord et avant tout sur elles-mêmes. Désormais, libres d’occuper l’espace autrefois réservés aux hommes, ces trois femmes, allégories de féminités impossibles à conjuguer au singulier, tentent de se raconter, sans chercher à dissimuler ni leurs forces, ni leurs faiblesses.

Dans une création aussi onirique qu’audacieuse, Nadège Ametogbe poursuit son travail sur l’histoire des femmes africaines et dessine l’ascension de celles qui refusent de courber la tête.