De nos jours, la Chine fabrique plus de 20 millions de motocycles par an. Près de la moitié de cette production voyage entièrement démontée dans des caisses en bois vers les pays du monde entier. Les engins les plus économiques sont expédiés dans plusieurs pays africains, parmi lesquels le Togo, qui constitue leur principale porte d’entrée en Afrique de l’Ouest. Initialement portée par des sociétés chinoises, la filière des motos chinoises est désormais investie par des entrepreneurs

transnationaux africains, qui partent en Chine et ramènent des motos estampillées de leur propre marque.

Le secteur de la motocyclette alimente ainsi d’importants réseaux économiques transnationaux, entre les districts industriels chinois de Chongqing et de Guangzhou, Lomé et son port en eaux profondes et la ville-frontière de Cinkassé, le plus important marché ouest-africain hors douane. A travers quelques témoignages d’expériences de coopération sino-africaine « par le bas », d’acteurs voyageant entre modèles entrepreneuriaux différents, entre échecs commerciaux et réussites économiques fulgurantes, on racontera comment les entrepreneurs de la nouvelle route de la moto, Africains comme Chinois, contribuent à dessiner les formes que prend de nos jours la globalisation économique en Afrique.

Par  Giorgio Blundo (anthropologue, IRD)