La jeune Adé, 16 ans, muette, a disparu dans Katanga (ce sous-quartier entre la ville et l’océan). La police banalise l’information alors que Katanga est en pleine ébullition — armées de pierres et de foi, les Katangais résistent à la désagrégation du quartier par le gouvernement—. Deux policiers en représailles à la perte de l’un de leurs, commettent un crime. Ils assassinent Tam, jeune katangais, lui aussi muet, dont l’amour s’est révélé à Adé après un viol collectif. Tam est différent. Adé le sait, et maintenant qu’il a été brûlé vif, que Gobi promet inoculer la douleur aux assassins de son fils « jusqu’au dernier refuge de l’esprit » ; qu’Istanbul soulève Katanga comme les vagues de l’océan ; que Léila (photographe) recherche son propre visage dans les ruelles chaudes de Katanga ; que Binéta et Hidi démolissent leur couple comme avec une grue, plusieurs chemins / vies se surprennent dans cette ville aux lampadaires obliques et ses turbulences vertigineuses.
Il pleut des humains sur nos pavés explore l’écrasement de micro-territoires et la marginalisation de masses, ceci par le prisme de l’amour et de sa violence silencieuse ; la résistance des hommes et la résilience des lieux, la réminiscence. L’important sera que par l’amour, nos mémoires d’humains résistent, car c’est elles qui donnent un visage à la ville, pardon, la vie.