Lancées en juin 2023 par Togo Créatif avec le soutien de l’Union européenne et de l’Institut français du Togo, Les Afropéennes se sont imposées comme un rendez-vous culturel majeur à Lomé. Le festival célèbre la richesse musicale entre l’Afrique et l’Europe à travers des concerts gratuits, favorisant le dialogue culturel et les collaborations innovantes.
Durant quatre jours (20-23 février 2025), deux lieux emblématiques accueillent l’événement : les soirées intimistes au Magic Mirrors de l’Institut français et les spectacles en plein air au marché de Cacavéli, rassemblant jusqu’à 2 000 personnes. Ce format unique offre une rencontre intergénérationnelle, mêlant habitants de quartiers populaires et habitués des espaces culturels.
Plus qu’un festival, Les Afropéennes créent un espace de convergence musicale, renforçant les liens culturels entre l’Afrique et l’Europe, tout en mettant en lumière la scène togolaise sur le plan international.

DIEUDONNÉ WILA
Dieudonné Wila, artiste non-voyant, regarde le monde autrement, par les rythmes, les mélodies, les vibrations. Dans un afrobeat bien tenu, il avance sans effets inutiles, à la recherche du moment de vérité.
Ses chansons parlent de vie, d’espoir, de présence au monde. Il chante pour éclairer ce qui ne se voit pas, et donner une forme à ce qui se ressent.
Aux Afropéennes, Dieudonné Wila nous rappelle que la scène n’est pas seulement un lieu de lumière. C’est d’abord un lieu d’écoute.

KABAR JAKO OK
Sur l’île de la Réunion, un kabar est une veillée collective autour du Maloya, musique née au cœur des plantations, comme un chant de résistance et de mémoire. Jako Maron en bouscule les codes avec une esthétique club : nappes électro, percussions tradi-hypnotiques… Un Maloya 2.0, fiévreux, magnétique, traversé d’ondes telluriques.
Avec Kabar Jako, on ouvre le bal des Afropéennes : une transe moderne qui fera vibrer le Magic Mirror de l’IFT.

LUCIBELA
Lucibela, c’est une voix qui descend dans les graves, puis remonte avec un vibrato qui vous saisit comme une bouffée d’alizé. Née au Cap-Vert, à Mindelo, port d’escales et de marins venus du Brésil, de Cuba, d’Angleterre ou du Portugal, elle s’est frottée aux scènes d’hôtels et de bars, là où les touristes veulent du vrai. Alors elle plonge dans le répertoire de Cesária Évora, en y mettant sa propre fièvre. Mais quand on la range trop vite dans l’ombre de la Diva aux pieds nus, Lucibela tranche : « Cesária est unique. Moi, je veux y arriver avec mon propre talent. » C’est dit. Et c’est là que tout commence. Fidèle sans copier, Lucibela fait voguer morna et coladeira jusqu’à Lomé, sur la scène des Afropeennes.

JOACHIN MIGOS
Il arrive sur scène comme on entre dans une arène. Une énergie de gladiateur, un langage direct, teinté d’humour, qui parle d’argent, d’amour, et de faits de société.
Entre hip hop et drill, il capte l’air du temps à Lomé, et pour beaucoup, en devient son visage.
Sa trajectoire récente se lit à travers une série de singles atteignant 267 000 écoutes.
C’est son tout premier live, et c’est aux Afropéennes que ça se passe. Joachim Migos entre en scène à Cacavélia avec une promesse : faire grimper la pression. Après le concert choc de Paki Chenzú en 2025, c’est à son tour de faire l’événement.

JOCELYN BALU & BORUMBA
La rumba, c’est un aller-retour transatlantique, un courant brûlant entre les Kongo et Cuba. Née dans le creuset de l’esclavage, elle revient aux Congo dans les années 30. Deux branches, une même sève : la rumba cubaine est inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité en 2016, la congolaise en 2021.
Cette même année, Jocelyn Balu, originaire de Kinshasa, fonde Borumba avec des musiciens du sud de la France. Bo, en kikongo, signifie esprit. C’est l’esprit des gloires de la rumba congolaise telles que Wendo Kolosoy, Franco Luambo Makia-di, Docteur Nico, Tabu Ley Rochereau et Adou Elenga que vous allez entendre sur la grande scène des Afropéennes, là où tout commence.

HEMPRESS SATIVA OK
FEAT. PAOLO BALDINI DUBFILES
Hempress Sativa, voix jamaïcaine de deep roots rock reggae, débarque aux Afropéennes avec Paolo Baldini DubFiles, dubmaster italien et artisan d’un son taillé pour le live.
Ensemble, ils font du concert une session à haute tension, la voix au premier plan, puis la console qui ouvre les vannes, échos, delays, basses, mix en direct.
Un roots bien ancré, mais assez souple pour frôler d’autres contours, hip hop, afrobeats, R&B, avant de replonger dans la chambre d’écho du dub.
Sur la grande scène du marché de Cacaveli, vous ne serez pas simples spectateurs quand le dub prend le contrôle.

SENZAA
Chanteuse et performeuse, Senzaa avance avec une vision sans détour : faire vibrer la scène afropop au féminin, et repousser les frontières, géographiques, sonores et symboliques. Son style circule entre afro-fusion, afro-dance, afro-soul et afro-zouk, avec cette tension urbaine et cette élégance mélodique qui la signent. Une musique moderne, frontale, où chaque note affirme sa place, pour occuper la scène comme on occupe un territoire.
Cette année, Senzaa nous fait l’honneur de venir en groupe pour laisser son empreinte sur la grande scène des Afropéennes.

PAPATEF
Papatef, c’est Cyril Atef en solo, batteur et percussionniste franco-américain, connu entre autres pour Bumcello, le duo fondé avec Vincent Ségal, et pour une longue liste de collaborations qui va d’Alain Bashung à Brigitte Fontaine, en passant par Matthieu Chedid et Gotan Project.
Sur scène, Papatef fonctionne comme un homme orchestre. Improvisations de batterie, voix, percussions, DJing, puis la machine prend le relais, drum-machines, platines, chant, et le corps comprend avant la tête. Le principe est simple et redoutable : fabriquer une transe en direct et tenir la danse jusqu’au bout de l’after des Afropéennes.

RICKY BISHOP
Ricky Bishop, artiste d’origine guadeloupéenne et malgache, bouscule le bouyon, cette musique de danse née dans les années 80 entre la Dominique et la Guadeloupe, en lui injectant une formule explosive : beats percussifs, claviers sautillants, cadence-lypso et une pointe bien sentie de rap US. Résultat : un new bouyon frontal, nerveux, taillé pour faire lever les foules.
Sur la grande scène des Afropeennes, Ricky Bishop arrive en mode fête totale, avec Implacable en baker. Agoè, c’est pour toi.

DOGO DU TOGO & THE ALAGAA BEAT BAND
C’est Lomé en état de transe. Un collectif de musiciens togolais mené par Massama Dogo, qui fait se rencontrer l’afrobeat et un rock psyché nerveux, sans jamais perdre l’ancrage du pays. Leur moteur s’appelle l’alagaa beat, alagaa veut dire transe en éwé. Tout part du dialogue entre guitare et batterie, puis ça s’élargit en rythmes festifs et rituels, en mélodies liées au Vodún. Sur scène, ils jouent comme on ouvre un passage. Ça danse, ça vrille, ça appelle, et ça vous attrape au point où la transe n’est plus un mot, mais une sensation.










